Cette série de peinture réalisée dans le courant de l’année 2006-2007 s’intitule “ Souvenirs d’enfance, perspectives d’avenir”. Cette série est constituée d’images très différentes les unes des autres, très hétérogènes dans ce qu’elles représentent aussi bien au niveau du sens qu’au niveau pictural.
Ces peintures ont été réalisées et conceptualisées comme faisant partie d’un ensemble qui représente ma vision particulière du monde; la création et la monstration d’un univers propre par une association de ces images à priori hétérogènes mais qui prennent, qui font sens les unes en rapport avec les autres. Elles existent chacunes individuellement, dans l’ambiance qu’elles projettent; c’est leur mise en relation, leur cohabitation et aussi leur opposition qui crée un sens nouveau, donne à l’ensemble une existence, un univers, une dimension nouvelle.
Ces images ont habité et marqué l’imaginaire de mon enfance et de mon adolescence et ont été constitutives de mon évolution émotionnelle et ésthétique. M’approprier ces images à travers le processus de la peinture est une manière de me séparer de l’affect et de l’influence qui existe entre elles et moi; les réutiliser, les réinjecter dans l’espace pictural du tableau est une manière de les maîtriser, de les mettre à distance pour les rendre indolores. Il y a une idée de contraction et d’extension entre le retour à l’univers de l’enfant avec ses troubles, ses incompréhensions; et la projection d’un monde en devenir, maîtrisé, intelligible.
J’essaye de traiter ces peintures de telle façon que l’on ressente l’impact de l’image et son côté implacable, une tentative de faire disparaitre le style dèrrière l’effet que va produire l’image. Il y a une volonté d’obtenir un rendu lisse où la peinture dialogue avec la photographie et l’imagerie numérique et virtuelle (3D, vectorisation).
Ce sont des images qui exercent sur moi à la fois un sentiment de fascination et de répulsion énorme, l’idée d’un plaisir immédiat et en même temps une sensation de vide, un sentiment de vie et de mort contenus dans le même éspace pictural. C’est aussi ma façon d’accorder de l’importance aux détails inutiles, aux bizarreries et aux incongruités qui me permettent de faire surgir le merveilleux là où il n’y a que du vide.